Le Banquet de Platon

C’est parmi les dialogues de Platon, le plus séduisant, le plus connu, le plus fascinant, mais aussi le plus déroutant. Ecrit vers 385, à peu près comme le Ménon, la République.

Est-ce vraiment un dialogue ?

C’est plutôt un récit, où se succèdent des scènes qui semblent relever de la pure littérature : la mise en train d’un banquet, puis une série de discours sur l’amour, prononcés par des hommes qui ne sont pas philosophes, puis une partie où parle Socrate et où l’on s’élève à une sorte de mysticisme de l’amour, et enfin, une scène haute en couleurs où Alcibiade arrive, ivre, et se met à louer Socrate, à coup d’anecdotes, de comparaisons, d’aveux personnels.

Cela fait un ensemble merveilleux de vie. Et pourtant l’intention philosophique est profonde, savamment insérée dans les différentes scènes. En fait, c’est une œuvre où le mouvement intérieur de la pensée platonicienne s’inscrit avec une grande rigueur.